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Fallout Market

Modération

# Doctrine de modération

> Ce document est **public**. Une modération dont les règles sont secrètes est
> indiscernable d'une modération arbitraire, y compris quand elle a raison.
>
> Il s'adresse à trois lecteurs à la fois : celui qui modère et cherche quoi
> faire, celui qui a été sanctionné et veut savoir pourquoi, et celui qui
> signale et se demande ce que son signalement va devenir.

## La règle qui contient toutes les autres

**On modère des faits vérifiables, pas des impressions.**

Un fait vérifiable, ici, c'est quelque chose qui est écrit quelque part et que
quelqu'un d'autre peut aller relire : une annonce, un message dans un fil, une
suite de déclarations d'échange, une ligne de journal. Le reste — le ton, la
réputation, ce qu'on sait par ailleurs, ce dont on est à peu près sûr — n'est
pas une base de décision.

Cette règle a un coût, et il faut l'accepter d'avance : **des gens qui trichent
resteront**, parce qu'on n'aura pas pu le montrer. C'est préférable à
l'inverse. Une sanction fausse est visible, définitive pour celui qui la subit,
et elle apprend à tous les autres que la décision est une loterie.

## Ce que la modération peut faire, et ce qu'elle ne fait pas

**Elle peut** retirer une annonce, clore un fil, suspendre un compte pour une
durée définie, refuser la publication d'une cote, accepter ou refuser un texte
en attente, et — c'est le plus important — **ne rien faire en le disant**.

**Elle n'arbitre pas un échange.** Elle n'y était pas. Personne n'y était. Deux
joueurs qui se contredisent sur ce qui s'est passé dans une partie de *Fallout
76* ne peuvent pas être départagés depuis un site web, et prétendre le contraire
ferait deux dégâts d'un coup : une décision tirée au sort, et la croyance que le
site garantit quelque chose. Ce qu'un échange raté produit ici, c'est **un avis**
— et, si le même nom revient, une suspension pour ce que le motif décrit
vraiment : la récidive.

**Elle ne modère pas le forum.** Un compte suspendu sur le forum n'ouvre déjà
rien ici, et un différend né ailleurs se règle là où il est né.

## L'échelle, dans l'ordre

Une seule chose se lit dans cet ordre à chaque fois : **est-ce que le degré le
plus bas suffit ?**

1. **Rien, et on le dit.** Un signalement clos sans suite n'est pas un
   signalement perdu ; c'est une réponse. Le signaleur a fait ce qu'il fallait.
2. **Retirer le contenu.** L'annonce part, le compte reste. C'est le cas le plus
   fréquent, et de loin : une annonce mal placée n'est presque jamais un
   tricheur, c'est presque toujours quelqu'un qui a mal lu.
3. **Suspendre, avec une durée.** Une suspension sans date de fin est un
   bannissement qui n'ose pas dire son nom.
4. **Suspendre longuement.** Réservé à ce qui figure ci-dessous en « sans
   avertissement ».

On ne saute pas de degré pour gagner du temps.

## Ce qui se traite sans avertissement

Quatre choses, et elles ont un point commun : elles ne peuvent pas être une
erreur de lecture des conditions.

- **L'argent réel** (§3 des conditions). Ce n'est pas une sévérité de principe :
  c'est le seul point dont l'existence même du site dépend.
- **Le contenu sexuel impliquant un mineur, ou adressé à un mineur.** Retrait,
  suspension immédiate, et signalement aux autorités. Ce point n'a pas de
  gradation et ne se discute pas en équipe avant d'agir.
- **La publication des données personnelles de quelqu'un.** Retrait d'abord,
  discussion ensuite — une donnée publiée ne se dépublie pas, mais chaque heure
  compte.
- **La menace crédible.**

Tout le reste passe par l'échelle.

## Le harcèlement, et ce que le blocage veut dire

Un blocage n'est pas un avis sur quelqu'un. C'est une décision unilatérale, sans
motif à donner, et **elle ne se conteste pas** — ni auprès de la modération, ni
auprès de la personne bloquée.

Ce qui, en revanche, est modérable et l'est fermement : **contourner un
blocage**. Recontacter quelqu'un depuis un second compte, l'aborder par une
annonce, aller le chercher ailleurs. Le blocage est le seul recours qui marche
sans que personne n'intervienne ; s'il se contourne, il ne vaut rien.

Il faut le dire nettement, parce que c'est le point où la règle des faits
vérifiables se retourne : dans une affaire de harcèlement, **on ne demande pas à
la personne visée d'apporter des preuves supplémentaires**. Ce qui est dans les
fils suffit ou ne suffit pas. Lui faire raconter à nouveau ce qui s'est passé,
c'est le lui faire subir une seconde fois pour un résultat nul.

## La cote, et la triche

C'est le seul endroit où la base sait déjà quelque chose, et il faut s'en servir
plutôt que de juger à l'œil.

Trois garanties tiennent toutes seules, en base, sans modérateur :

- on ne note que **quelqu'un avec qui on a réellement échangé**, et l'échange
  doit avoir abouti ;
- on ne se note pas soi-même ;
- une cote ne se publie qu'**au-dessus d'un seuil d'échanges** — une médiane sur
  quatre ventes est un chiffre qui a l'air d'un fait.

Ce qui reste à un humain, c'est le **motif**, pas le mécanisme : deux comptes qui
ne déclarent d'échanges qu'entre eux, une série de prix qui n'existe nulle part
ailleurs, un compte créé la veille et déjà crédité de vingt échanges. Le panel
montre ces signaux ; il ne conclut pas à la place de qui regarde.

Devant un doute qui ne se lève pas : **on ne publie pas la cote concernée, et on
ne suspend personne**. Retirer un chiffre douteux coûte un chiffre. Suspendre à
tort coûte un membre.

## Qui modère

Il y a **deux niveaux, et le second est né d'un besoin précis** : relire les
champs que le jeu ne contrôle pas.

**L'administrateur** appartient au groupe administrateur du forum, et le panel
lui ouvre tout. Ses droits ne viennent pas d'ici : ils sont lus dans les groupes
du forum et **relus régulièrement**, pas seulement à la connexion. Quelqu'un
retiré de l'équipe perd le panel dans le quart d'heure, sans que personne n'ait
à toucher au site. Et si le forum ne répond pas, **l'accès est refusé**, jamais
accordé par défaut.

**Le modérateur** est nommé **ici**, par un administrateur, et il n'ouvre qu'une
chose : la file des textes à valider et celle des signalements. Il ne voit ni le
catalogue, ni les réglages, ni les membres, ni le journal.

Ce niveau n'existait pas, et son absence était argumentée : « un rôle qui
n'ouvrirait aucune porte serait un rôle qui ment ». La condition posée était
qu'il revienne **avec une section du panel qui lui soit propre**. C'est le cas :
il a une file, il y décide, et ses décisions sont tracées comme les autres.

Trois règles tiennent en base, pas en promesse — les déclencheurs les
appliquent, et les tests les vérifient :

- **un modérateur ne nomme pas de modérateur.** Un rôle qui sait se propager
  n'est plus un rôle, c'est une racine ;
- **personne ne se nomme soi-même**, et une nomination dit qui l'a faite ;
- **on ne valide pas son propre texte.** Un refus dit son motif, une décision dit
  sa date.

Un modérateur ne traite pas un signalement qui le concerne, ni un différend
auquel il est partie. S'il n'y a personne d'autre de disponible, la décision
attend — l'attente est un état acceptable, l'auto-arbitrage non.

### Ce que nommer ici coûte, et pourquoi c'est acceptable

Le §10 dit qu'aucun compte n'est propre au site : les droits viennent du forum,
donc il n'y a **personne à retirer d'une liste** quand quelqu'un quitte l'équipe.
Nommer un modérateur ici y fait une exception, et il faut le dire plutôt que le
cacher.

Le coût réel est cependant plus petit qu'il n'y paraît. La connexion passe par
le forum : **quelqu'un qui quitte la communauté ne peut plus se connecter du
tout**, et son statut ici ne lui sert à rien. Le seul cas résiduel est celui de
quelqu'un toujours membre du forum mais à qui on ne fait plus confiance pour
modérer — et un groupe de forum aurait demandé le même retrait à la main.

En échange, la nomination est **immédiate, listée dans le panel, révocable d'un
clic, et journalisée avec son auteur**. Elle ne demande pas de créer un groupe
sur le forum pour un travail qui n'existe que sur le marché.

Les droits viennent des groupes du forum et sont **relus régulièrement**, pas
seulement à la connexion : quelqu'un retiré de l'équipe perd le panel dans le
quart d'heure, sans que personne n'ait à toucher au site. Et si le forum ne
répond pas, **l'accès est refusé**, jamais accordé par défaut.

**Toute action du panel est journalisée** : qui, quoi, sur qui, quand. L'adresse
IP associée s'efface au bout de 90 jours ; le reste de la ligne, non. C'est ce
qui permet de répondre d'une décision six mois plus tard, et c'est la seule
raison pour laquelle le journal existe.

Un modérateur ne traite pas un signalement qui le concerne, ni un différend
auquel il est partie. S'il n'y a personne d'autre de disponible, la décision
attend — l'attente est un état acceptable, l'auto-arbitrage non.

## Valider un texte : ce qu'on regarde, et ce qu'on ne regarde pas

Presque tout ce qui s'affiche sur ce site vient des fichiers du jeu, donc est
juste sans que personne n'ait à le relire. La file ne contient que le reste :
une enseigne, une devise, un commentaire d'annonce, un pseudo en jeu. C'est peu
de champs, et c'est toute la surface où quelqu'un peut écrire ce qu'il veut.

**On refuse pour six motifs, et la liste est fermée** : usurpation, hors-jeu,
argent réel, données personnelles, contenu, illisible. Un motif « autre » existe
et doit rester rare : s'il devient fréquent, c'est qu'un septième motif manque
et qu'il faut l'écrire, pas qu'on l'utilise.

**Ce qu'on ne regarde pas :** le goût. Une enseigne laide n'est pas une enseigne
refusable. Une devise qu'on trouve prétentieuse non plus. Le seul critère est
celui des conditions et de la liste ci-dessus — sinon la file devient un jury de
bon goût, et personne n'a signé pour ça.

**Un refus se dit, avec son motif.** Un texte refusé sans raison se réécrit à
l'identique, et la file se remplit deux fois. Le motif part à celui qui a écrit ;
le détail libre sert quand le motif ne suffit pas.

**Deux régimes, et il faut savoir lequel on tient.**

- En régime **avant**, le texte n'est pas publié : le joueur attend. Une file en
  retard est donc une boutique muette, et c'est pour cela qu'un texte en attente
  depuis plus de `moderation.attente_max_heures` (72 par défaut) est publié
  malgré tout, tout en restant en file. Une équipe absente une semaine ne gèle
  pas les boutiques de gens qui n'ont rien fait — c'est le même arbitrage que le
  §17 a rendu sur le silence.
- En régime **après**, le texte est déjà en ligne. La file n'est pas un barrage,
  c'est une relecture : on y cherche ce qui est passé, pas ce qui va passer.

**Ce qui n'entre jamais dans la file : les messages privés.** Les relire avant
de les délivrer n'est pas de la modération, c'est de la surveillance — et cela
rendrait le site responsable du contenu de chaque message qu'il a relu. Le
recours y est le signalement, et surtout le blocage, qui agit tout de suite sans
que personne n'intervienne.

## Ce qu'un signalement devient

Un signalement peut être déposé **plusieurs fois dans une vie**, y compris
plusieurs fois contre la même personne : la base l'autorise explicitement, et
c'est délibéré. Un premier signalement clos n'épuise pas le droit d'en déposer
un second, sans quoi le premier abus rendrait tous les suivants inaudibles.

Il est **clos dans les deux cas** — avec suite ou sans. Un signalement laissé
ouvert indéfiniment est une file d'attente qui grossit et une réponse qu'on ne
donne jamais.

Le signaleur n'apprend pas quelle sanction a été prise. Ce n'est pas de la
discrétion administrative : la sanction d'un tiers ne le regarde pas, et le lui
dire ferait de chaque signalement une manière de savoir ce qui arrive aux
autres.

## Ce que ce document ne couvre pas

Il ne couvre pas les cas qui n'existent pas encore. Quand l'un se présentera, la
réponse ira **ici**, écrite après coup, plutôt que de rester dans la mémoire de
celui qui l'a tranché — sans quoi la doctrine redevient ce qu'elle était avant
ce fichier : un ensemble d'habitudes que personne ne peut relire.